RCI4 : Historique

HISTORIQUE

La troisième assemblée du Réseau Carthagène d'Ingénierie, qui a eu lieu du 2 au 4 septembre 2009, a traité d’un sujet qui est la continuation des  deux précédentes assemblées, la première sur la constitution de la RCI, en septembre 2006 et la deuxième assemblée à Forbach en septembre 2007 ainsi que de la Conférence Internationale sur la formation des ingénieurs, qui s'est tenue à Cartagena de Indias en octobre 2007.

Lors de la troisième assemblée, tenue du 2 au 4 Septembre 2009, sur le thème « L'avenir de l'enseignement de l'ingénierie et l'ingénieur globale du futur », il y a eu plusieurs présentations qui ont mis l’accent sur la nécessité d'aborder l'enseignement en ingénierie d’un point de vue systémique, qui a donné lieu au livre disponible aujourd'hui, intitulé: « L'avenir de l'enseignement de l'ingénierie et le management de l'ingénierie: une perspective systémique ».

L'analyse des différents articles qui sont publiés dans ce livre, comme des conclusions de la troisième assemblée du RCI, permet d’aborder la quatrième conférence sous le thème de : « L’Ingénierie des Systèmes Complexes – ISC».

Pour certains auteurs comme Wiener, la cybernétique est la branche des mathématiques qui traite des problèmes de contrôle, de ressources et d'information, et pour certain il s’agit de « la plus grande morsure du fruit de l'arbre de la connaissance que l'humanité a montré dans les derniers 2000 ans ». Stafford Beer, un philosophe de la théorie organisationnelle et de la gestion, dont Wiener lui-même a dit qu'il devrait être considéré comme le père de la cybernétique de gestion, définie la cybernétique comme « la science de l'organisation efficace ».

Pour Beer, la cybernétique étudie la circulation de l'information qui tourne autour d'un système, et la forme de cette information est utilisée par le système comme une valeur qui permet de le contrôler lui-même: il passe à la fois par des systèmes animés comme inanimés indifféremment. La cybernétique est une science Pluridisciplinaire, elle est totalement liée à la physique et à l'ingénierie, à l’étude du cerveau ou à l'étude des ordinateurs, et se rapprochant des langages formels de la science, fournissant des outils permettant de décrire de manière objective le comportement de tous ces systèmes.

Dans l’article Ingeniería de Sistemas Complejos: Panorama y Oportunidades « Ingénierie de systèmes complexes: Panorama et Opportunités » qui est publiée dans le livre des mémoires de la troisième assemblée, le philosophe Dr. Carlos Eduardo Maldonado, de la faculté d’administration de l’Université du Rosario et spécialiste de la théorie de la complexité, est abordée la question de l'ingénierie des systèmes complexes (ISC), comme un champ nouveau dans les sciences de la complexité. De plus se sont présentés les défis et les opportunités de l'ISC pour voir les principaux domaines d'action, maintenant et dans le futur.

L'article met en évidence la façon dont l’ingénierie peut et doit s’approcher de la biologie et de l'écologie avec laquelle son fondement s’est révélé comme les soins et les facilitateurs de la vie. On peut conclure avec certitude que l'ISC ne constitue pas un domaine de l'ingénierie conventionnelle, mais la plus importante modification qu’elle ait connu de son histoire, que la modification de la suite de la  reconnaissance de l'importance des systèmes complexes non linéaires, donnant lieu à l'ingénierie non conventionnelle.

En tant que science en construction, malgré le fait qu’il y ait beaucoup de controverses et de divergences d'opinion sur ce qu’est et n'est pas la science de la complexité ou la théorie des systèmes complexes. Toutefois, il est clair que tous les systèmes sont composés d'éléments qui interagissent les uns avec les autres de manière à produire un comportement global émergent qui, en principe, ne peut pas être expliqué uniquement par la connaissance de chacun de ses composants.

Ces dernières années, la reconnaissance de l'étude des phénomènes complexes sera la pierre angulaire de la science et de la technologie des décennies à venir, impliquant une série de changements de paradigme qui auront une incidence, nécessaire et radicale, sur l’éducation en ingénierie des connaissances directement touchées par les phénomènes de complexité.

En effet, il ne suffit pas d’hypothèses simplificatrices qui traitent de saisir l'essence des phénomènes sous-jacents, comme cela a été fait jusqu'à présent. Cette méthode a été largement couronnée de succès, jusqu’au point de nous amener à l'état de développement scientifique et technologique d’aujourd’hui, et basée sur la simplification de la réalité afin d'obtenir un modèle souple identique: on considère les relations linéaires quand elles peuvent être quasi valables autour d’un certain point d'équilibre, ainsi on associe les composants homogènes quand les différences entre eux ne semblent pas représenter des événements importants dans le contexte particulier dans lequel nous voulons interpréter le système à l'étude, et ainsi de suite.

Tout semble indiquer que cette approche réductionniste et mécaniste semble avoir fait son effet en nous amenant aux portes de la théorie des systèmes complexes, devant laquelle le réductionnisme mécaniste n’a  presque plus rien à dire.

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